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La gratitude, levier de Leadership ?

Il ne suffit plus de repeindre la façade ... avec l'affichage de valeurs la seule réactualisation de la raison d'être ou des indicateurs RSE. L'incarnation d'un leadership humain et responsable du plus haut jusqu'au coeur de l'entreprise devient indispensable. L'état actuel (et à venir) des troupes en est un signal factuel et alarmant. Parmi tous les aspects du servant-leadership, comme le pardon évoqué dans un post précédent, la gratitude demeure un levier riche d'humanisation des relations en milieu professionnel.


La mélancolie acédique du businessman

Une sorte d'épuisement professionnel se fait sentir en dehors de l'impact COVID. Parmi ces fatigues, il existe celle que je qualifierais de "lassitude du don". Cette lassitude du don (souvent sans retour) génère l'impression d'être "exploité". fait ressentir un pillage des ressources tant en matière de compétences techniques que de qualités humaines.


Au final, la sensation se résume à :

" Je suis comme un robot et je ne reçois aucune reconnaissance".


Derrière ce constat fort réaliste, essayons de comprendre que quelque chose de plus profond se joue. Nous avons à faire à une sorte de mutilation de la personne dans son intégralité et son intégrité.Nous ne sommes pas sans constater que burn out, démission, dépression pour manque de reconnaissance et incompréhension sont légions.


Quelles causalités en cause justement?

Il semble que nous vivions dans une société qui hypertrophie les moyens et atrophie les finalités et le sens.


Face à ce grand écart (presque métaphysique !), nous percevons bien l'ampleur des dégâts possibles virant à la scission voire la dissociation intérieure psychologique et enfin au conflit interpersonnel altérant la qualité de la relation.


En effet, il s'agit de passer des objets à consommer ... aux biens à contempler. Comprenons par là la logique de cette dynamique. Derrière l'action, le bien immatériel ou matériel produit, il existe une personne, un visage !


Une fracture ontologique ?

Ainsi, découpler l'objet produit de son sujet producteur constitue un clivage dépersonnalisant. En effet, l'hyperconsommation pervertit le lien relationnel en déréalisant l'autre, et le fait disparaître pour ne retenir que le produit. Cette dissociation entraîne de facto la dissolution du lien et la perversion des habitudes relationnelles où finalement le dysfonctionnement devient une norme. Ce dysfonctionnement relationnel conduisant au plus grave vers la pathologisation du lien : la domination, la manipulation, le harcèlement, l'emprise, la perversité, etc...


Cette habitude de décorréler l'acte de la personne peu à peu nous amène au manque de gratitude. Le remerciement est pourtant le premier habitus que l'on demande aux enfants avec force répétition :

Le parent : "Qu' est -ce qu'on dit ?"

L'enfant, presque à contre coeur pour dire c'est fait : "Merciiii"

Et, le parent à nouveau : "Et, on dit merci qui ?"

Et l'enfant de répondre, en trainant les pieds : "Merci madameeeee"


Le passage de la posture utilitariste à la visée personnaliste

Le mouvement de gratitude constitue finalement une dynamique naturelle et positive calquée sur le rythme de la création : flux/reflux, inspiration/respiration ...

D'ailleurs, comme le dit Thomas d'Aquin : " Tout effet a un mouvement naturel de retour vers sa cause".

Du coup, la gratitude tiendrait alors plus de la logique d'être que d'un exercice de vertu exigeant un effort surhumain !

Favoriser la réciprocité

La gratitude consiste alors à favoriser la réciprocité et la reconnaissance du bien reçu et permet un enchaînement logique (et vertueux) avec des conséquences bienfaisantes.


Au delà des bienfaits reconnus sur la santé psychologique et physique, sur l'attention, la créativité, la motivation, etc... la gratitude favorise surtout une vitalisation du lien qui stabilise la relation dans un juste équilibre. Nous pouvons y voir une unification et une pacification réciproque des personnes qui retrouvent un équilibre des échanges.


La gratitude n'est alors pas un idéal hors sol ni un angélisme zen car elle ne nie en rien les difficultés du réel mais bien au contraire elle permet de les intégrer en abrasant les aspérités rencontrées tous les jours, en entreprise ou ailleurs.


Osons poser le fait que ce petit élément qu'est la gratitude permet d'instaurer une certaine harmonie et une part de paix relative !


Une structuration de l'être propice à la gratitude

Si ces trois dimensions corps/âme/esprit sont bien reliés et fondent une unité profonde, il devient facile de :

  1. reconnaître le don par l'intelligence,

  2. ressentir le bienfait par l'affectivité et

  3. prendre la décision de remercier par la volonté.

Voici une citation du célèbre médecin psychiatre Christophe André qui illustre la finalité du lien don/gratitude : "La gratitude consiste à reconnaître le bien que l'on doit aux autres et plus encore à se réjouir de ce que l'on doit au lieu de chercher à l'oublier"

De fait, ne marginalisons pas la gratitude pour la réserver à notre sphère privée, osons la poser comme un réel élément de leadership vertueux qui permet de réenchanter nos relations professionnelles.


C'est d'ailleurs ce qu'offre REVELACIO dans le cadre de ses accompagnements au Servant Leadership. Une combinaison d'approches de transformation profonde et durable de l'être et de l'agir des dirigeants et cadres : pour réenchanter la relation, pour valoriser la diversité et l'inclusion, pour mobiliser respectueusement son écosystème, ...


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